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Scantrad : tout savoir sur le phénomène qui bouleverse l’industrie du manga

Le scantrad est l’équivalent du fansub mais concerne uniquement les bandes dessinées. Qu’y a-t-il de plus agréable que de la lecture des bandes dessinées, et en particulier de pouvoir les comprendre ? Néanmoins, le Japonais est une langue qui n’est pas facile à maîtriser. C’est pourquoi la traduction des mangas d’aujourd’hui connaît un réel succès.

Qu’est-ce que le Scantrad ?

Le scantrad (ou scanslation en anglais) est le fait de numériser, traduire et éditer une bande dessinée d’une langue à une autre. De fait, il s’agit d’un travail effectué par un amateur, presque toujours réalisé sans l’accord de l’auteur ou des ayants droit.

Le mot “scanlation” est un portemanteau des mots scan et translation (traduction en anglais). Le terme est principalement utilisé pour les bandes dessinées japonaises (manga), bien qu’il existe également pour d’autres traditions nationales à une moindre échelle. Le scantrad peut être consulté sur des sites web ou sous forme d’ensembles de fichiers images téléchargés.

De fait, le scantrad enfreint la législation relative au droit d’auteur étant donné que les ouvrages peuvent être rediffusés sans autorisation de la part des éditeurs ou des auteurs de mangas. Juridiquement, le scantrad relève ainsi du piratage.

En résumé, le concept de scantrad illustre la mondialisation de la société. Ce terme signifie textuellement “traduction de scan“, soit la pratique de traductions dans d’autres langues de mangas digitalisés par les fans. Un concept en phase avec le digital, cet espace d’accessibilité gratuite et immédiate.

L’histoire du scantrad ou « scanlation »

Il est évident que les scantrad ne sont pas apparues comme par enchantement. Elles ont commencé par des scripts partagés au début d’Internet. À l’époque, elles étaient plus connues sous le nom de ” fanscans “.

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Les premières traductions connues remontent à 1977 quand une équipe de 4 personnes nommée ‘Dadakai’ a travaillé ensemble pour traduire ‘Phoenix’ de Tezuka.

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Le processus du scantrad

De nos jours, tout le monde peut faire des « scanslations », il n’est pas non plus nécessaire de rejoindre ou de créer une équipe. Néanmoins, les équipes établies ont un processus de travail bien précis.

Fournisseur de données brutes/scanner

Pour traduire un manga, il faut d’abord l’obtenir. Un fournisseur de matières premières est une personne qui peut facilement avoir accès à des matières premières (les mangas) et les transmettre au reste du groupe dans une qualité décente.

Le scanner achète et démonte généralement des livres afin de fournir du matériel pour le processus de scantrad. Le fait qu’il soit remboursé ou non dépend entièrement du groupe avec lequel il travaille.

Nettoyeur

Ce rôle peut varier d’une équipe à l’autre. Cependant, l’idée générale est de supprimer tout texte étranger indésirable du manga brut. Certains groupes peuvent également demander à leur nettoyeur de recadrer, de mettre à niveau et de redessiner.

Redéssinateur

Ce rôle n’est pas disponible dans tous les groupes. Parfois, il s’assimile au nettoyeur. En général, les redéssinateurs doivent avoir de bonnes compétences artistiques et éventuellement avoir accès à une tablette graphique. Comme son nom l’indique, le redéssinateur redessine les espaces vides laissés par la suppression du texte, il restaure l’image dans sa forme originale du mieux qu’il peut.

Traducteur

Un élément indispensable pour tous les groupes, bien que le partage de scripts téléchargés par un traducteur solo soit de plus en plus populaire dans les groupes de Speed Scan. Il n’est pas nécessaire d’avoir un certificat officiel en Coréen, Chinois ou Japonais pour rejoindre un groupe. Néanmoins, on recommande à toute personne qui postule pour le rôle de traducteur d’avoir des connaissances approfondies dans au moins une de ces langues.

Ainsi, vous devriez avoir atteint un niveau vous permettant de reconnaître tous les caractères de l’alphabet hiragana, même si le parler vous reste inaccessible. Néanmoins, le katakana devrait être votre prochaine priorité. Les Kanji, vous devriez en connaître les bases, cependant, beaucoup de mangas ont des « furigans » attachés aux Kanji. Donc, vous devriez vous en sortir tant que vous comprenez la phrase quand elle vous est lue.

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Typographe

Un bon typographe contribue grandement à la qualité du groupe de scantrad. Son travail consiste à transposer le script du traducteur sur les pages de manga nettoyées. Il doit avoir une bonne connaissance d’un programme d’édition de photos ainsi qu’un bon œil pour les polices de caractères.

Éditeur

Il s’agit d’un rôle qui diffère grandement selon le groupe. Certains groupes définissent les éditeurs comme des personnes efficaces en japonais, généralement des traducteurs expérimentés qui ont moins de temps à consacrer à leur travail. L’éditeur passe en revue le script du traducteur pour voir s’il n’y a pas d’erreurs de traduction ou de travail maladroit.

Correcteur d’épreuves

Comme son nom l’indique, son travail consiste à s’assurer que la grammaire est correcte et à vérifier qu’il ne manque aucun effet ou bulle. Si des éditeurs sont également présents dans le groupe, le correcteur doit passer au peigne fin les modifications apportées par l’éditeur pour s’assurer que tout est en parfait état.

Contrôleur de qualité

Leur travail consiste à vérifier la qualité générale avant la sortie d’un manga, si tout est bien aligné, si le choix des polices est bon, si le texte est lisible, si l’image est claire, et même à vérifier la poussière.

Les causes du scantrad

La démarche de scantrad paraît avoir été motivée par des raisons diverses. Plus généralement, les « scantraders » font partie des fans importants qui travaillent bénévolement afin de pouvoir traduire et faire connaître leurs ouvrages favoris.

De ce fait, en cas de publication en France du titre partagé, il est fréquent que les contenus pirates soient retirés dans le but de réorienter les passionnés vers une édition officielle, imprimée ou digitale. Bien sûr, il est possible aux pirates de poursuivre leur travail de partage indépendamment à la version publiée.

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Parmi les arguments invoqués par ces groupes d’opération de numérisation figure l’utilité de leurs travaux pour la valorisation de séries inédites sur le territoire français. Un récent exemple étayant cette idée est celui de « Kingdom Comics ».

Depuis sa sortie au Japon en 2006, la version « Meain » a acheté une licence en France en 2018. À l’époque, elle a été scannée et traduite, ce qui a contribué à créer une communauté autour de l’œuvre.

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Quels sont les principaux types de piratage ?

On reconnait deux types de ” piratage ” de scantrads :

  • Premièrement, on trouve des traducteurs volontaires qui font une traduction de manga par réelle passion. Ignorant tout du mal que cela peut faire aux auteurs. Par ailleurs, ces traductions sont très souvent similaires à des fanfictions, des récits que quelques fans rédigent en vue de faire un prolongement du scénario de leur série préférée. Leur objectif consiste simplement à élargir le marché licite en proposant une nouvelle offre numérique.
  • Deuxièmement, beaucoup de plateformes cherchent à gagner de l’argent avec les scantrads. Elles sont bourrées de pubs et génèrent des revenus grâce aux auteurs de ces ouvrages. Il est difficile d’arrêter ces pirates malhonnêtes, qui piquent parfois des œuvres avant même leur publication sur le marché japonais.

Scantrad : les répercussions dans le monde du manga

Quels impacts sur les éditeurs officiels ?

Les scantrads impactent par ailleurs l’édition numérique. Ce dernier diffère suivant la visibilité de chaque série éditée via les sites de « webtoon. »

D’après le responsable du développement de contenu sur le site Delitoon, ” les éléments que nous offrons sont numériquement natifs “. En résumé donc, le scantrad pose un problème crucial pour le secteur.

Les éditeurs prennent-ils des mesures contre ce piratage ?

Pour combattre au mieux cette situation, des stratégies sont mises en place par les éditeurs. Ainsi, certains propose une offre découverte en librairie ou en version digitale. Celle-ci se caractérise par des tarifs cassés ou des offres spéciales.

Des éditeurs essaient également de contrer cette problématique en offrant une nouvelle prestation : simultrad. Cette prestation légale de traduction simultanée touche de multiples ouvrages issus de leur catalogue éditorial.

Pika Edition offre par exemple la possibilité de vendre des chapitres traduits et accessibles durant les jours suivants la sortie japonaise des sagas Eden’s Zero ou encore Attack of the Titans. Toutefois, les simultrad constituent encore un risque sur lequel on peut s’interroger.

En outre, une autre alternative a été élaborée en France. Elle consiste à inciter les sociétés de publicité et les éditeurs, tout comme les systèmes de paiements (Visa, PayPal…), à stopper leur collaboration aux sites en question.

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